Imaginez une Twingo au moteur rugissant, posée sur un châssis de Ferrari. Non, ce n’est pas un délire de bricoleur du dimanche, mais bien le point de départ d’une aventure automobile réelle, aussi inattendue que mythique. Celle de la Clio V6, une citadine bodybuildée née d’une idée farfelue… devenue réalité.
Une origine insolite entre mini-citadine et supercar italienne
Tout commence dans l’esprit d’Axel Breun, un designer allemand un peu visionnaire, un peu obstiné. Dans les années 80, alors qu’il travaille chez Volkswagen, il suit son patron français Patrick Le Quément chez Renault. C’est là que la magie opère. En découvrant la Twingo de première génération, qu’il juge audacieuse et géniale, une idée saugrenue lui vient : en faire une version ultra-sportive.

Faute de moteur adapté, il met de côté le projet. Mais pas pour longtemps. En comparant les empattements de différentes voitures, il réalise que celui de la Ferrari 308 correspond presque parfaitement à celui de la Twingo. Le déclic est immédiat : pourquoi ne pas greffer une coque de Twingo sur une base de Ferrari ? Une tentative improbable, mais pas impossible.

Il pousse l’idée jusqu’à l’achat d’une 308 accidentée et récupère une coque vide de Twingo. Budget serré, bricolage passionné… mais le projet reste à l’état de prototype. Pourtant, les croquis de cette “super-Twingo” tapent dans l’œil de Le Quément. Et plutôt que de booster la Twingo, Renault décide d’appliquer le concept à la Clio II, avec un moteur maison : le fameux V6 PRV, synonyme de puissance et de caractère.
La naissance d’une Clio hors-norme
À la fin des années 90, Renault cherche à redonner du peps à sa gamme. Face à une Peugeot 206 plus dynamique, il faut oser. Et là, la Clio V6 entre en scène. Bien loin des Clio classiques, cette version est repensée de fond en comble : le moteur passe en position centrale arrière, la carrosserie s’élargit, les portes sont modifiées et les ailes gagnent en muscle.

Le projet est confié à Tom Walkinshaw Racing (TWR), une équipe britannique réputée pour ses compétences techniques. Résultat : une voiture complètement déjantée, plus large, plus basse, au comportement parfois difficile à dompter… mais au charme indéniable.

La première version, lancée en 2000, souffre de quelques défauts de jeunesse. Renault reprend alors les rênes et propose une version retravaillée en 2003, plus aboutie, plus fiable, et surtout, encore plus désirable.

Un collector qui prépare un retour électrisant
Fabriquée jusqu’en 2005, la Clio V6 est aujourd’hui un véritable modèle de collection. Ses courbes musclées, son moteur rugissant et son histoire hors du commun lui valent une cote qui grimpe en flèche : comptez plus de 50 000 € pour un bel exemplaire. Pas mal pour une Clio, non ?

Et ce n’est peut-être pas fini. Renault semble bien décidé à renouer avec ses folies d’antan, comme en témoigne la R5 Turbo 3E, une version électrique radicale développant 540 chevaux. Prévue pour 2027, elle affiche un tarif à la hauteur de son ambition : 155 000 €. Mais malgré ce prix, les premières commandes affluent déjà.
L’histoire de la Clio V6, c’est celle d’un rêve un peu fou devenu réalité. Une preuve que, parfois, les projets les plus déraisonnables sont aussi les plus marquants — surtout quand ils ont une âme, un rugissement… et un châssis venu d’Italie.

Thomas Caron s’intéresse depuis longtemps aux nouvelles formes de mobilité — autos, motos, vélos, trottinettes ou camping-cars. Chez Ehua Store, il partage des conseils concrets, des tests et des retours d’expérience issus du terrain. Son objectif : aider chacun à mieux s’équiper et entretenir ses véhicules au quotidien.





