Chargeurs à induction dans les voitures

Chargeurs à induction dans les voitures : pourquoi tous ne se valent pas

Pouvoir poser son téléphone et le voir se recharger, sans le moindre fil à brancher, c’est l’idée séduisante des chargeurs à induction en voiture. Mais dans la pratique ? C’est un peu plus chaotique.

Une question d’alignement… et de mouvement

Vous avez peut-être déjà vécu cette scène : vous posez votre smartphone sur le chargeur sans fil intégré de votre voiture, vous partez en confiance… et à l’arrivée, la batterie est encore plus vide qu’au départ. Rageant ? Plutôt courant. L’un des gros soucis vient du mauvais alignement des bobines entre le chargeur et le téléphone.

Contrairement à ce que vantent les brochures, la puissance annoncée (souvent entre 5 et 15 W, rarement plus de 50 W) ne suffit pas à garantir une recharge efficace. Si les bobines ne sont pas parfaitement alignées, la perte est énorme. Pire : le téléphone chauffe. Une vraie plaque à induction improvisée.

Et dans une voiture en mouvement, l’alignement se complique. Un virage, un freinage un peu sec… et voilà le téléphone qui glisse juste assez pour interrompre la charge. Certains modèles, comme le DS N°8, misent sur un revêtement en suédine, sans aucun guide. Autant dire qu’au premier rond-point, le smartphone part faire sa vie.

Le chargeur à induction du DS N°8.
Le chargeur à induction du DS N°8.

Des solutions… pas toujours élégantes

Quelques constructeurs commencent à réagir. Audi, par exemple, équipe certains modèles d’un système de pince qui maintient le téléphone en place. Ce n’est pas le comble du raffinement visuel, mais c’est efficace. Renault, avec son revêtement antidérapant sur le Scenic E-Tech, limite un peu les dégâts, tout comme Tesla qui propose des supports pensés sur mesure.

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Le chargeur à induction du Renault Scenic E-Tech et son revêtement antidérapant.
Le chargeur à induction du Renault Scenic E-Tech et son revêtement antidérapant.

Mais rien n’est encore standardisé. Et mieux vaut tester le chargeur avec son propre téléphone, et même avec sa coque de protection, avant d’acheter une voiture. D’autant que les smartphones changent de taille à chaque génération…

Et si la solution venait du magnétique ?

L’avenir pourrait s’appeler MagSafe (Apple) ou Qi2, la nouvelle norme de recharge sans fil. Ces technologies permettent un alignement magnétique automatique et maintiennent fermement l’appareil. Le souci ? Elles ne sont pas encore intégrées dans les véhicules de série. Seuls quelques chargeurs tiers, parfois conçus pour s’adapter à l’intérieur des Tesla ou des SUV asiatiques, en bénéficient aujourd’hui.

Attention à la chaleur et à l’emplacement

Un mauvais alignement, c’est une recharge inefficace… et une surchauffe. Et ce n’est pas le seul facteur en jeu. Si le chargeur est placé en plein soleil, la température grimpe vite. Certains constructeurs, comme XPeng, vont jusqu’à intégrer des petits ventilateurs dans leurs chargeurs pour garder le téléphone au frais. Malin, mais encore rare.

Autre point à ne pas négliger : l’emplacement du chargeur. S’il est caché dans un compartiment fermé (coucou Toyota bZ4X), vous risquez de l’oublier ou de devoir rouvrir le rabat à chaque notification. À l’inverse, les chargeurs bien visibles, comme sur les Tesla Model 3, permettent une utilisation plus intuitive.

Le double chargeur à induction de la Tesla Model 3.
Le double chargeur à induction de la Tesla Model 3.

Une option encore à perfectionner

Certains véhicules proposent même un double chargeur à induction, pour le conducteur et le passager. Mais dans l’ensemble, cette fonctionnalité, pourtant très tendance, reste perfectible. Les rares modèles qui offrent un chargeur à l’arrière sont réservés aux véhicules très haut de gamme.

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Bref, si l’idée est séduisante, l’exécution laisse souvent à désirer. Entre alignement aléatoire, absence de compatibilité magnétique, surchauffe et glissements fréquents, les chargeurs à induction embarqués ont encore du chemin à faire. Espérons que l’adoption progressive de Qi2 vienne simplifier tout ça… sans quoi on risque de continuer à trimballer un bon vieux câble USB, juste “au cas où”.

Thomas Caron s’intéresse depuis longtemps aux nouvelles formes de mobilité — autos, motos, vélos, trottinettes ou camping-cars. Chez Ehua Store, il partage des conseils concrets, des tests et des retours d’expérience issus du terrain. Son objectif : aider chacun à mieux s’équiper et entretenir ses véhicules au quotidien.

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