Voitures de sport, motos, chars, motoneiges ou encore hélicoptères : la Gendarmerie nationale possède un patrimoine mécanique étonnant et méconnu. Conservés entre Melun et Fontainebleau, ces véhicules racontent près d’un siècle d’histoire et de missions.
Un patrimoine unique en Seine-et-Marne
Certains sont bleus, d’autres kakis ou noirs. Tous ont servi sur la route, dans les airs, sur la neige ou même lors de grands événements. Désormais déclassés, ils reposent dans les réserves de l’institution. Les motos sont exposées au musée de la Gendarmerie à Melun, installé dans une caserne du XIXᵉ siècle, tandis que les voitures dorment à l’abri derrière le château de Fontainebleau.
En tout, plus de 150 véhicules composent aujourd’hui cette mémoire mécanique. L’idée de les préserver remonte à 1998, grâce à un lieutenant-colonel passionné qui a commencé à sauver ces trésors.

Sauvegarde et restauration
Depuis 2017, une politique de restauration active a été lancée. Le musée, dirigé par le lieutenant Christophe Da Silva, travaille à combler les manques de la collection. Pour soutenir ce projet, un fonds de dotation a été créé en 2022 lors du salon Rétromobile.
Présidé d’honneur par Jean Todt, ancien patron de la FIA, ce fonds réunit de grands mécènes comme l’Automobile Club de l’Ouest, Amaury Sport Organisation ou encore la société Motul. Leur rôle : financer la restauration, enrichir la collection et impliquer des lycées professionnels dans ces chantiers pédagogiques.

Des véhicules étonnants et symboliques
L’éclectisme est frappant : à côté des Alpine de la BRI, on trouve une Renault Juvaquatre des années 1950, une Peugeot 403 break équipée d’une radio impressionnante, mais aussi des Simca Aronde, Renault 4 et Estafette.
Parmi les pièces les plus surprenantes :
- un hélicoptère Alouette II utilisé lors de la catastrophe du barrage de Malpasset en 1959 ;
- une motoneige Yamaha Skidoo déployée pendant les JO d’Albertville en 1992 ;
- des chars de la guerre froide ;
- des camions Berliet GAK équipés de lances à eau pour mai 1968.
Les sportives de la BRI
La création des brigades d’intervention rapide en 1967 marque une nouvelle ère : trois Matra Djet inaugurent la flotte, bientôt remplacées par des Alpine A110. Longtemps absentes des collections, une authentique berlinette a été retrouvée et achetée en 2023, grâce au travail minutieux du fonds.
Cette A110 1600 S, restée dans un garage de l’Essonne depuis 1991, a conservé ses sièges spécifiques, son châssis course et son équipement radio d’époque. Sa restauration est en cours, mais elle sera présentée au prochain salon Rétromobile, aux côtés d’autres modèles emblématiques comme la Citroën CX GTi ou la Peugeot 405 Mi16 récemment restaurées.

Une collection vivante et en expansion
La mission ne s’arrête pas là : le fonds de dotation espère remettre la main sur l’une des rares Citroën SM ayant servi à la BRI dans les années 1970. Avec son moteur V6 Maserati et ses 230 km/h en pointe, elle faisait figure de fleuron de l’époque.

À travers ses véhicules insolites et souvent mythiques, la Gendarmerie nationale entretient non seulement une mémoire technique mais aussi une part de l’histoire de la sécurité publique en France. Cette collection, encore en plein enrichissement, démontre combien l’automobile reste un vecteur de passion et de transmission.

Thomas Caron s’intéresse depuis longtemps aux nouvelles formes de mobilité — autos, motos, vélos, trottinettes ou camping-cars. Chez Ehua Store, il partage des conseils concrets, des tests et des retours d’expérience issus du terrain. Son objectif : aider chacun à mieux s’équiper et entretenir ses véhicules au quotidien.





