autoroute qui devient payante

Coup dur pour les automobilistes : cette autoroute jusqu’ici gratuite devient payante

Depuis des décennies, les habitants de la Haute-Savoie avaient pris l’habitude d’emprunter sans frais un axe vital du quotidien. Mais cette routine bien ancrée va bientôt changer. Une portion d’autoroute autrefois gratuite s’apprête à passer au péage, et les automobilistes de la région ne cachent pas leur colère.

Une décision qui fait grincer des dents

Le tronçon concerné relie Annemasse à Saint-Julien-en-Genevois, sur l’autoroute A40. Depuis 1987, il offrait aux usagers un passage libre entre les deux communes. Mais en 2023, l’État a tranché : la gratuité, c’est fini. Le préfet de Haute-Savoie vient de confirmer l’entrée en vigueur de cette mesure, prévue dans les mois à venir.

Cette décision ne passe pas inaperçue, notamment auprès des travailleurs frontaliers, nombreux à utiliser cet itinéraire pour rejoindre la Suisse chaque jour. Avec environ 50 000 véhicules par jour, ce tronçon est devenu un axe structurant du Grand Genève. Sa transformation en voie payante pourrait avoir un impact significatif sur la circulation… et les finances des usagers.

Des tarifs déjà annoncés, mais peu convaincants

Le futur péage sera à flux libre, c’est-à-dire sans barrière ni arrêt obligatoire. Les conducteurs seront débités automatiquement, grâce à leur plaque d’immatriculation ou un badge télépéage. Une solution plus fluide, mais qui ne rassure pas forcément.

Voici les tarifs communiqués :

  • 1,80 € TTC pour un véhicule léger entre Saint-Julien-en-Genevois et Annemasse.
  • 0,60 € TTC environ à la barrière de Nangy.
  • D’autres sections verront une légère baisse de tarif, mais cela reste modeste.
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Malgré ces ajustements, la grogne monte. Une pétition en ligne a été lancée pour protester contre cette mise en péage. Elle rappelle notamment que ce tronçon est considéré comme une autoroute urbaine de contournement, et devrait donc, selon certains élus et textes législatifs, rester gratuit.

Une controverse financière et politique

Les opposants au péage s’appuient sur plusieurs arguments. D’abord, le projet de loi 1366, actuellement à l’étude, qui prévoit la gratuité des autoroutes situées dans un rayon de 50 kilomètres autour des grandes métropoles comme Paris, Lyon ou Marseille. Une mesure qui, selon eux, devrait aussi s’appliquer au secteur du Grand Genève.

Ensuite, le bilan financier de l’ATMB (Autoroutes et Tunnel du Mont Blanc), gestionnaire du réseau, est jugé plus que confortable. En 2022, l’entreprise affichait 77 millions d’euros de bénéfices nets. Un chiffre qui pousse les usagers à questionner la légitimité économique de ce nouveau péage.

Pour rappel, l’ATMB est détenue majoritairement par l’État français (67,3 %), ainsi que par les départements de Haute-Savoie et de l’Ain (18,62 %), et le canton et la ville de Genève (5,41 %). Un montage public qui alimente le sentiment d’injustice chez de nombreux citoyens.

L’arrivée du péage sur l’A40 entre Annemasse et Saint-Julien-en-Genevois marque un tournant pour la mobilité locale. Elle soulève des questions sur la justice territoriale, l’impact environnemental du report de trafic sur les axes secondaires, mais aussi sur la gestion des infrastructures publiques. En attendant un éventuel retour en arrière ou une révision législative, les automobilistes devront, bon gré mal gré, sortir le porte-monnaie.

Thomas Caron s’intéresse depuis longtemps aux nouvelles formes de mobilité — autos, motos, vélos, trottinettes ou camping-cars. Chez Ehua Store, il partage des conseils concrets, des tests et des retours d’expérience issus du terrain. Son objectif : aider chacun à mieux s’équiper et entretenir ses véhicules au quotidien.

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