Il est difficile d’imaginer une marque automobile aussi prestigieuse que Bugatti finir une année sans vendre le moindre véhicule neuf en France. Pourtant, c’est bien ce qui s’est produit en 2024. Loin des projecteurs, cette entreprise emblématique, qui fabrique ses voitures à Molsheim, en Alsace, n’a pas réussi à conquérir son marché d’origine l’année dernière.
Bugatti : une histoire aux racines françaises
Bien que l’Italie soit considérée comme le berceau des grandes marques de voitures de luxe comme Ferrari, Lamborghini, et Maserati, Bugatti a choisi la France pour y implanter son site de production. Depuis l’époque d’Ettore Bugatti, qui a fondé la marque au début du XXe siècle, l’Alsace est restée le cœur battant de la production des légendaires véhicules. Même après son rachat par le groupe Volkswagen, et plus récemment par le constructeur croate Rimac, la production est restée en France. C’est donc à Molsheim que sont nées les célèbres Veyron et Chiron, des hypercars qui ont marqué l’industrie automobile.
Mais malgré cette forte identité française, Bugatti peine à attirer des clients dans l’Hexagone. Cette situation a pris une tournure particulièrement marquante en 2024, avec zéro vente de véhicules neufs en France.
Un marché français presque inexistant
Il est rare de voir une marque de luxe de cette envergure enregistrer de tels chiffres. En 2024, non seulement Bugatti n’a pas vendu de nouvelles Chiron dans son pays d’origine, mais l’exemplaire ultime de cette hypercar, produite l’an dernier, n’a pas trouvé preneur en France. Ce modèle a cependant été livré à un client étranger, sans surprise, car la majorité de la production de Bugatti est destinée à l’international, notamment dans des marchés où les véhicules de prestige sont très demandés.
Les chiffres des années précédentes montrent également une tendance préoccupante : en 2023, une seule Chiron a été vendue en France, et en 2022, deux seulement. En revanche, une part significative de la production, limitée à 500 unités, est exportée dans des pays lointains où les clients fortunés sont plus enclins à dépenser des sommes colossales pour ces voitures d’exception. Un constat qui ne semble pas près de changer avec l’arrivée du Mistral, le nouveau cabriolet dérivé de la Chiron, dont la production va remplacer celle de la Chiron avant l’arrivée de la nouvelle Tourbillon prévue pour 2026.
Le défi de la réinvention pour Bugatti
En l’absence de ventes significatives sur le marché français, Bugatti doit redoubler d’efforts pour s’adapter aux attentes des nouveaux consommateurs, tout en conservant son image de marque prestigieuse. Le Mistral, comme la Chiron, vise une clientèle mondiale, mais la marque devra probablement revoir ses stratégies de commercialisation pour capter l’attention du public français, notamment en misant sur l’innovation, la performance et la personnalisation de ses véhicules.
Bugatti pourrait également s’appuyer sur sa tradition alsacienne et la production locale pour raviver l’intérêt des consommateurs français. Cependant, avec des prix d’entrée souvent proches de plusieurs millions d’euros, la concurrence sur le marché des voitures de luxe reste féroce, et les acheteurs français semblent aujourd’hui plus attirés par d’autres marques étrangères.
En résumé, 2024 fut une année noire pour Bugatti en France, mais avec des modèles comme le Mistral et la Tourbillon, la marque aura sans doute une nouvelle chance de séduire des clients plus nombreux dans les années à venir.

Thomas Caron s’intéresse depuis longtemps aux nouvelles formes de mobilité — autos, motos, vélos, trottinettes ou camping-cars. Chez Ehua Store, il partage des conseils concrets, des tests et des retours d’expérience issus du terrain. Son objectif : aider chacun à mieux s’équiper et entretenir ses véhicules au quotidien.





