Les voitures électriques, révolutionnant l’industrie automobile, rencontrent une nouvelle forme de menace : celle de la cybersécurité. Si ces véhicules écologiques ont déjà conquis de nombreux conducteurs grâce à leur efficacité énergétique et leur impact environnemental, ils apportent également leur lot de préoccupations, notamment concernant la sécurité des bornes de recharge. Ces dernières, élément essentiel du système de mobilité électrique, sont désormais une cible privilégiée pour les cybercriminels, mettant en danger non seulement les utilisateurs mais aussi l’infrastructure énergétique de tout un pays.
Des cyberattaques qui grimpent en flèche
Le rapport “Automotive & Smart Mobility Global Cybersecurity Report 2025”, publié par Upstream, a révélé des chiffres inquiétants. En 2024, le nombre de cyberattaques ciblant les secteurs de l’automobile et de la mobilité intelligente a augmenté de 39 %, atteignant 409 attaques aux États-Unis. Plus alarmant encore, la proportion d’attaques visant les infrastructures de recharge est passée de 4% à 6% en seulement un an. Cette montée en flèche des attaques n’est pas un hasard. L’interconnexion des bornes avec les véhicules, les applications mobiles et le réseau électrique crée des failles où les pirates peuvent s’introduire facilement.
La cybersécurité : un problème d’interconnexion
Pour Shira Sarid-Hausirer, vice-présidente du marketing d’Upstream, le problème majeur n’est pas tant le nombre d’appareils connectés, mais leur interconnexion. Chaque point de connexion — qu’il s’agisse de la borne de recharge, de votre voiture, ou des applications de gestion — représente une porte d’entrée pour des attaques potentielles. Ces vulnérabilités augmentent les risques et permettent aux hackers de perturber toute l’infrastructure de mobilité électrique.
Les conséquences des cyberattaques : au-delà de la simple borne hors service
Les implications de telles attaques sont loin de se limiter à la simple désactivation d’une borne de recharge. Selon l’étude, 37% des cyberattaques identifiées auraient pu affecter simultanément des milliers d’objets connectés dans l’écosystème des véhicules électriques. Et dans 59% des cas, ces attaques auraient pu se propager à des millions d’appareils, provoquant des pannes massives. Les conséquences possibles incluent :
- Perturbation du réseau de recharge, rendant l’utilisation des voitures électriques pratiquement impossible.
- Vol de données personnelles et bancaires lors des paiements pour la recharge.
- Manipulation des paramètres de charge, risquant d’endommager les batteries des véhicules.
- Attaque du réseau électrique national via les bornes de recharge, provoquant des coupures de courant massives.
Les résultats de simulations sur des attaques potentielles menées sur les bornes de recharge ont révélé des scénarios préoccupants. Une telle attaque pourrait entraîner des pertes financières énormes, affectant tous les consommateurs connectés au réseau.
Les zones de vulnérabilité à surveiller
Les experts en cybersécurité ont identifié trois zones critiques dans l’écosystème de recharge des véhicules électriques qui nécessitent une attention particulière :
- Le réseau de recharge : L’infrastructure reliant les bornes entre elles est une cible privilégiée pour les attaques DDoS et autres manipulations à distance.
- L’interface borne-véhicule : Cette connexion, qui permet l’échange d’informations entre la borne et le véhicule, peut être utilisée pour voler des données ou manipuler les paramètres de charge.
- La connexion entre la borne et le réseau électrique : C’est ici que résident les risques les plus graves. Une attaque réussie pourrait déstabiliser tout le réseau électrique national, provoquant des pannes à grande échelle.
Des solutions pour sécuriser l’infrastructure
Face à ces risques croissants, des mesures de sécurisation renforcée sont mises en place. L’Union européenne et les autorités internationales travaillent sur de nouvelles normes de cybersécurité qui imposeront des exigences strictes en matière de protection des données et de mise à jour des logiciels. Les constructeurs et les opérateurs investissent également dans des technologies avancées pour protéger les bornes de recharge :
- Chiffrement des communications entre les véhicules et les bornes de recharge.
- Authentification à plusieurs facteurs pour l’accès aux systèmes de gestion.
- Surveillance en temps réel des réseaux pour détecter toute activité suspecte.
- Isolation des systèmes critiques pour limiter la propagation des attaques.
Bien que ces mesures soient cruciales, elles représentent un défi technique et financier important. Le coût moyen pour sécuriser une borne de recharge peut atteindre jusqu’à 3 000 euros, un montant qui pourrait être répercuté sur les utilisateurs finaux.
Sensibilisation des utilisateurs : un maillon essentiel
La sécurité ne repose pas uniquement sur des solutions techniques. La formation des utilisateurs joue également un rôle clé dans la prévention. Des gestes simples, comme vérifier l’aspect physique des bornes, utiliser uniquement des applications officielles et surveiller ses relevés bancaires après chaque recharge, peuvent contribuer à limiter les risques de fraude et de cyberattaques.
La cybersécurité au cœur de la transition énergétique
Alors que la transition vers la mobilité électrique s’intensifie, la sécurisation des infrastructures devient un enjeu stratégique majeur. Si la lutte contre les cybercriminels est plus féroce que jamais, il en va de la confiance des utilisateurs dans ce nouveau mode de transport. Cette bataille discrète mais cruciale se joue dans l’ombre de la révolution électrique, avec des enjeux de taille pour l’avenir de la mobilité durable.

Thomas Caron s’intéresse depuis longtemps aux nouvelles formes de mobilité — autos, motos, vélos, trottinettes ou camping-cars. Chez Ehua Store, il partage des conseils concrets, des tests et des retours d’expérience issus du terrain. Son objectif : aider chacun à mieux s’équiper et entretenir ses véhicules au quotidien.





