Rouler en trottinette électrique devient de plus en plus courant dans nos villes, et avec cette popularité croissante, de nombreux accessoires ont fait leur apparition sur le marché. Pratiques, esthétiques ou supposément sécurisants, ils séduisent de nombreux utilisateurs. Pourtant, parmi ces équipements que vous pourriez avoir installés sur votre engin, se cache un accessoire particulièrement problématique. Non seulement il pourrait vous valoir une amende conséquente, mais il est également considéré comme totalement illégal par la législation. Découvrons ensemble cet ajout que vous avez peut-être sur votre trottinette sans même savoir qu’il vous met en infraction.
La trottinette électrique : entre liberté et cadre légal
La trottinette électrique représente aujourd’hui un symbole de mobilité urbaine moderne, permettant de se déplacer rapidement tout en évitant les contraintes des transports en commun. Selon les chiffres de la Fédération des Usagers de la Micromobilité Électrique, plus de 2,7 millions de Français utilisent désormais régulièrement ces engins. Leur succès fulgurant a cependant conduit à une nécessaire régulation.
Depuis le décret n°2019-1082 du 23 octobre 2019, les trottinettes électriques font partie des Engins de Déplacement Personnel Motorisés (EDPM) et sont soumises à une réglementation spécifique. Si les règles concernant la vitesse maximale (25 km/h) ou l’interdiction de circuler sur les trottoirs sont relativement connues, celles concernant les accessoires autorisés ou interdits restent souvent dans l’ombre.
L’accessoire problématique que de nombreux utilisateurs installent
L’accessoire totalement interdit qui fait l’objet de notre attention est le siège amovible pour trottinette électrique. Disponible facilement sur internet pour une trentaine d’euros, il transforme votre trottinette en une sorte de mini-scooter, vous permettant de vous asseoir pendant vos trajets.
Si cet équipement peut sembler pratique, notamment pour les longues distances, il modifie fondamentalement la nature de votre engin. Or, selon l’article R311-1 du Code de la route, une trottinette électrique est définie comme “un véhicule sans place assise”. Dès lors qu’un siège y est ajouté, elle sort de cette catégorie pour entrer dans celle des cyclomoteurs.
Maître Patricia Couturier, avocate spécialisée en droit routier, précise : “Une trottinette équipée d’un siège n’est plus considérée comme un EDPM mais comme un cyclomoteur. Cela implique une obligation d’immatriculation, d’assurance spécifique et de permis AM au minimum. Sans ces éléments, l’utilisateur est en infraction.”
Des conséquences juridiques et financières lourdes
L’installation d’un siège sur votre trottinette électrique peut vous exposer à des sanctions particulièrement sévères :
- Une amende forfaitaire de 135 euros pour circulation avec un véhicule non conforme
- Une immobilisation immédiate de votre trottinette électrique
- En cas de contrôle approfondi, une requalification en délit de conduite sans permis (jusqu’à 15 000 euros d’amende)
- Des complications avec votre assurance qui pourrait refuser de vous couvrir en cas d’accident
Ces sanctions ne sont pas théoriques. Selon les statistiques de la Sécurité Routière, plus de 1 200 procès-verbaux ont été dressés en 2023 pour des trottinettes équipées d’accessoires non conformes, dont une majorité concernait l’ajout d’un siège.
Les autres accessoires dans le viseur des autorités
Le siège n’est pas le seul accessoire problématique pour votre trottinette électrique. D’autres équipements peuvent également vous mettre en infraction :
- Les systèmes de débridage permettant de dépasser les 25 km/h réglementaires
- Les kits d’augmentation de puissance dépassant les 350W autorisés
- Les porte-bagages qui modifient substantiellement la structure de l’engin
- Les systèmes d’éclairage trop puissants ou clignotants pouvant éblouir les autres usagers
“La règle d’or est simple,” explique Commandant Thomas Durand de la Brigade de sécurité routière, “si l’accessoire modifie les caractéristiques techniques ou l’usage prévu de la trottinette, il y a de fortes chances qu’il soit interdit.”
Comment rester dans la légalité tout en améliorant votre trottinette
Heureusement, tous les accessoires ne sont pas interdits. Certains équipements sont non seulement autorisés mais parfois même recommandés pour améliorer votre sécurité :
- Un casque (obligatoire pour les moins de 12 ans, fortement recommandé pour tous)
- Un gilet réfléchissant (obligatoire la nuit ou par visibilité insuffisante)
- Un avertisseur sonore réglementaire (non strident)
- Des dispositifs réfléchissants avant, arrière et latéraux
- Un système d’éclairage avant blanc et arrière rouge (obligatoire)
- Un support pour smartphone qui ne gêne pas la conduite
Pour être certain de la conformité de vos accessoires, n’hésitez pas à consulter le guide officiel des EDPM disponible sur le site de la Sécurité Routière ou à demander conseil auprès d’un revendeur professionnel.
L’évolution possible de la réglementation
La législation concernant les trottinettes électriques étant relativement récente, elle est susceptible d’évoluer. Plusieurs associations d’utilisateurs militent notamment pour un assouplissement des règles concernant certains accessoires, dont les sièges pour personnes à mobilité réduite.
En attendant d’éventuels changements, la prudence reste de mise. Vérifiez régulièrement la conformité de votre équipement et privilégiez toujours la sécurité à la praticité ou l’esthétique.
Si vous possédez actuellement une trottinette équipée d’un siège, le plus sage est de le retirer avant votre prochain trajet. Non seulement vous éviterez une amende potentiellement salée, mais vous vous assurerez également que votre assurance vous couvrira en cas d’incident.
La liberté que procure la trottinette électrique s’accompagne de responsabilités. En respectant le cadre légal, vous contribuez à une cohabitation harmonieuse entre tous les usagers de la route et à la pérennité de ce mode de transport innovant dans nos villes.

Ancien pilote de rallye, je me suis reconverti dans l’immobilier, mais ma passion pour tout ce qui roule est restée intacte. Auto, moto, vélo, trottinette… tout ce qui va vite me fait vibrer ! En parallèle de mon activité, je travaille pour Ehua Store et j’écris la plupart des articles du site.





